Auteur: Paraphlegman Paraphlegman (Paraphlegman@hotmail.com)
Date: Sun Nov 12 2000 - 06:09:36 CET
----- Original Message -----
From: Harald <harald@umy.elsa.iie.cnam.fr>
you wrote:
>Perdu, je suis pas un informaticien. >Je suis une informaticienne...
- OK. Mais avec un nom (pseudonyme?) comme Harald, qui fleure bon les forêts
scandinaves et les poils sur les bras, tu me pardonneras, du moins je
l'espère, mon erreur d'appréciation. Euh.
>>- De plusieurs univers, en fait, si l'on prend en compte la diversité
>>d'Ombre.
>Pardon, pour moi un univers peut contenir plusieurs mondes :)
- Oui. Je voulais dire que l'univers d'Ambre contient plusieurs univers,
eux-mêmes potentiels containers à de multiples mondes. L'histoire des
poupées russes, quoi.
>(ta campagne)
>Random est resté roi deux ans, et puis un beau jour, Bleys est entré en
Ambre sans coup férir, à la tête d'une petite armée. >Il a demandé un
entretien avec le roi et, le lendemain, Random a déposé la couronne en sa
faveur.
- Ok. Deux questions:
Pourquoi l'armée d'Ambre n'a pas réagi?
Comment une telle abdication a-t-elle été perçue? Arriver en Ambre avec une
armée, s'entretenir avec le roi et le remplacer le lendemain peut apparaître
aux yeux de certains (ils n'ont sans doute pas tort) comme une usurpation,
un coup d'Etat. De plus, comme on l'a vu à la fin de Courts of Chaos, le
choix de Random comme souverain d'Ambre a été motivé par la décision de la
Licorne, qui l'a désigné devant tous ses congénères. Vue l'importance de ce
canasson pour les Ambriens, il est peu probable que l'un d'entre eux
s'engage à la légère à mettre des bâtons dans les roues de l'héritier
désigné par la figure emblématique du Royaume.
Je suppose que tu as déjà songé à tout cela, mais je serais curieux de
savoir de quelle façon tu as géré les différents aspects que cela touche.
Et puis, troisième question:
Random a laissé sa couronne derrière lui, mais qu'en est-il du Joyau du
Jugement, qui plus que la couronne est le symbole de la royauté en Ambre?
Est-il parti avec, ou bien a-t-il fait à son frère un prix de gros pour tous
les artéfacts et bijoux de famille, avant de mettre la clé sous le
paillasson et de partir dans le soleil couchant pour vivre de nouvelles
aventures là où ses pas le porteraient?
>Depuis, pas de problèmes politiques -- autant internes
qu'extérieurs -- en Ambre, mais ... c'est un peu l'armée, côté ambiance.
- Oui. Ce qui nous ramène à la question de savoir comment Bleys a bien pu
faire pour débarquer avec ses soudards. Ambre est un royaume surmilitarisé,
tant par le nombre de ses soldats, permanents et potentiels, que par la
longévité et la qualité de ses généraux (Bénédict, Gérard...). Comme
certains petits malins l'ont appris à leurs dépends, il n'est pas facile
d'investir Ambre depuis Ombre, à la tête d'une armée, quelque imoortante
qu'elle soit. Il y a fort à parier que Bleys, même si d'une façon ou d'une
autre il s'est arrangé avec Random (ou la personne qu'il a discrètement mise
à la place le temps de laisser aux événements l'apparence d'une passassion
de pouvoir dans les formes, et pacifique), n'a pas pu amadouer tous les
membres de la famille, notamment les grands frères. Ont-ils eu leur mot à
dire, ou bien sont-ils restés la bouche en coeur, comme des rebmans, à faire
des bulles en regardant le spectacle?
Une ambiance martiale en Ambre, une sorte de dictature? Comment réagissent
les habitants et les membres de la Famille? Qu'en pense le Parrain?
>>Dans ma campagne, Benedict est mort lors du scénar
>>d'introduction, il s'est pris une solive sur la tête en luttant contre les
>>pigeons qui envahissaient la salle du trône du palais d'Ambre. Il est très
>>fort, mais moins que la gravité.
>J'aime bien, c'est plutôt chouette comme mort.
- Euh. Je plaisantais, en fait. D'une part, il serait dommage de détruire un
personnage majeur de façon aussi stupide et expéditive. D'autre part, je
n'ai pas de campagne. Je ne suis, hélas, qu'un joueur, hélas épisodique car
tous mes partenaires de jeu sont partis voir à l'étranger si l'herbe y était
plus verte et les vaches moins carnivores.
> Pour ma part, j'ai aussi tué
du pnj (on doit en être à quatre sessions seulement là) mais surtout (si
l'on excepte une petite centaine de gardes d'Ambre) dans le cadre de la
lutte pour le trône au Chaos : Swayvill, Merlin, Despil et Jurt.
- Se débarasser des membres de la famille d'Ambre, de personnages des Cours,
etc., qui apparaissent dans les romans, peut être un bon ressort dramatique,
au-delà des caprices nerveux et réglements de comptes avec un personnage qui
ne revient pas au maître de jeu, mais à condition de le faire de façon
parcimonieuse, d'une part, et qui serve le jeu, d'autre part. Tel est du
moins mon humble avis. Et puis, les joueurs, qui ont la plupart du temps lu
les bouquins, risquent d'être frustrés s'ils n'ont pas la possibilité de
voir en action un ou plusieurs de leurs personnages favoris. Je suppose donc
qu'il faut être prudent avec ce genre de ficelles narratives. Cela dit, du
moment que tout le monde s'amuse...
>Puis bon,
Random on n'a plus entendu parler de lui.> Par contre, je m'éclate avec
Osric et surtout Finndo (dont j'ai des versions très différentes de celles
des livres de règles).
- Tant mieux si elles sont différentes, les livres de règles n'ont , à mon
orgueilleux avis, que peu d'intérêt. Et puis vu ce que l'on sait vraiment
d'Osric et Findo dans les romans, à part le fait qu'ils sont morts...
>>- A vrai dire, il s'agit d'un des ressorts majeurs du plot supra-secret
que
>>je compte mettre en place, sur lequel l'ensemble de ma campagne sera
bâtie.
>Uh-oh, ça va être space, on dirait. >Tu nous raconteras, dis ?
- Hum. Une fois de plus, c'était une sorte de boutade de ma part. De
l'humour à froid, en quelque sorte. Ah ah. Je suis hilarant.
Cela dit, j'ai effectivement dans l'idée de lancer une manière de campagne
dont le contexte serait un univers inspiré des romans de Zelazny, notamment
d'Ambre (qui serait en fait le point majeur de l'univers). Mais, bon. Ca
n'est qu'une idée. Il ne me manque, pour la mettre en application, que deux
denrées plutôt pas commodes à rassembler. D'une part, du temps pour y
réfléchir et mettre en place les divers rouages de cette simulation ludique.
D'autre part, des partenaires pour expérimenter cette tentative d'extension
narrative, c'est-à-dire des joueurs. Snif. Je suis triste. Je suis seul, et
il n'y a plus de bière dans le frifo, mon frère a bu la dernière. Je le
déteste. Quand je serai grand, c'est moi qui serai roi à la place de papa.
Et pour le traître, dix pouces d'acier de par le corps.
>Ah, sinon, une question pour les rôleux : en ce qui concerne Ambre, est-ce
que vous êtes plutôt pour les campagnes à scénar ou les campagnes à
contexte?
- Je préfère les campagnes à contexte. Les scénarios ne servent à rien. Ils
ne sont qu'un prétexte pour que les joueurs prennent leur envol et
s'épanouissent comme des pigeons sur la ville. La campagne sur le long
terme, surtout à Ambre, où ce sont les actions des joueurs, entre autres,
qui déterminent le cours des événements, est le meilleur type de jeu
envisageable (du moins dans la limite de mes moyens, ga). Dans un jeu comme
Ambre, où par définition les possibilités sont illimitées, ce serait dommage
d'avoir un maître trop dirigiste et des scénarios trop linéaires.
Aussi préconisé-je les campagnes de la deuxième des deux catégories que tu
vieux de définir. Bien entendu, des joueurs débutants ou peu familiarisés
avec le contexte de jeu peuvent justifier, dans les premiers temps, l'emploi
d'une narration planifiée.
>Les deux me plaisent, mais j'ai un faible pour le deuxième
type, parce qu'il favorise le roleplay et est très adapté aux règles.
- Je partage ton avis, du moins en ce qui concerne le roleplay. En revanche,
j'estime que les règles n'ont aucune utilité. Conserver des règles, c'est
s'exposer à la contrainte, et la conrtainte est l'ennemie de la liberté. Or,
la liberté est le plus prisable des biens moraux qui nous soient accessibles
dans ce monde. Par conséquent, il serait illogique et peu en accord avec nos
principes de vie et les prémices de notre réflexion, que nous ne
recherchions pas en toutes choses la liberté maximale. Il ne nous sied point
de s'encombrer de la pesanteur d'un carcan. Non. Laissons donc le licol et
le joug aux bestiaux que l'on mène, pour tracer les sillons d'où l'on tire
le pain blanc et les gerbes de blé.
>Mais
il a ses inconvénients :).
- Lesquels?
> >>H. <Promis, je suis pas toujours aussi loquace>
>>- Si c'est vrai, c'est dommage. C'est tellement plus agréable de discuter
>>quand on a de la répartie.
>Ahem... fallait pas m'encourager...
> - H. <quand on me lance sur Ambre je peux durer... longtemps>
- Au contraire, c'est une très bonne idée de t'encourager, si cela t'amène
à parler. Car c'est dans la discussion et l'échange d'opinions que l'on peut
construire une véritable entreprise collective. Oui. Et c'est par
l'établissement d'une société fondée sur... Euh... On est sur quelle mailing
list déjà? La discussion des théories fourriéristes, c'est bien ici?
Glups. Ce message électronique serait-il trop long?
A bientôt, à très bientôt j'espère. Adieu mon bel oiseau. L'été était si
beau, mais il était bien court, il est passé si vite! Déjà la lune hurle
dans le ciel brûlé. L'été ne sera plus jamais le même. Et les tours d'argent
sont tombées.
Voilà.
Paraphlegman, en espérant que vous aurez reçu la fin de ce mail, sinon je le
renverrai en le scindant.
Bonne (fin de) nuit à tous (et toutes).
Cette archive a été créée par hypermail 2.1.5 : Sun Sep 15 2002 - 20:31:40 CEST