Auteur: laurent lippa (laurentlippa@hotmail.fr)
Date: Tue Mar 27 2007 - 10:48:39 CEST
Du Complete Amber Sourcebook, la version corrigée de la première partie et
la deuxième partie sur la géographie d'Ambre.
En pièce-jointe, une photographie prise par Bill Roth avec la contribution
de Fiona (joke)
La Véritable Cité, modèle suprême de toutes les autres cités et de toute
Ombre, qui n’en sont que les reflets imparfaits. Bien qu’Ambre soit le
centre de toute chose, elle est également une Ombre spéciale qui abrite en
son sein la Marelle originelle créée par Dworkin Barimen. L’Ordre dans
l’univers est déterminé par la vie de la Véritable Cité, et ce même Ordre
est une conséquence de son existence.
L’existence d’Ambre défie une bonne partie de ce que l’on connaît sous le
nom de science. Il n’est pas concevable de regarder le monde d’Ambre et le
mode de vie que ses habitants poursuivent avec l’œil de la rationalité
scientifique. Une grande part de l’histoire d’Ambre qui s’est déroulée au
fil des générations passées contredit les théories sur l’origine de
l’univers et les différentes versions des origines de l’espèce humaine
telles qu’elles sont acceptées dans les Ombres. La Science est une force
inerte à Ambre, qui ne prend pas ici toute sa signification parce que le
monde opère selon son propre système spécifique de logique interne.
Cette logique interne prend son essor à partir du centre de l’univers,
touche les Ombres adjacentes, et se dissipe graduellement lorsqu’elle
atteint les Ombres lointaines. Ainsi, la véritable nature d’Ambre devient de
moins en moins compréhensible au fur et à mesure que l’on voyage loin en
Ombre.
De la Nature d’Ambre
La réelle manifestation physique d’Ambre est enracinée dans la Marelle
originelle qui fut réalisée par Dworkin, gravée dans la roche à nu d’une île
isolée qui faisait jadis partie du Chaos. Au moment précis où la main de
Dworkin, guidé par la Licorne, acheva ce circuit de sang sur le roc de cette
île, Ambre vint à l’existence. Elle naquit, sa croissance déjà accomplie, en
ce moment solennel, en ce temps là. Le monde avait été entièrement construit
par l’esprit de Dworkin, et à l’instar des productions de l’imagination
humaine, il contenait toutes les possibilités d’un nombre incommensurable de
mondes.
En un temps où seul le Chaos régnait, parcourant le vide sans frein à son
cheminement, un firmament clairement conçu fixa l’idée de l’Ordre dans un
univers désormais établi. Ambre est Substance, agissant comme une force
contraire face à la confusion déstabilisante d’un vide qui n’avait
auparavant connu que le Chaos. La manifestation physique que constituait
l’Ambre initiale a trouvé une méthode pour créer toutes les possibilités
faisant partie intégrante de l’esprit de Dworkin. L’émanation de l’entité
Ambre a permit de nourrir le vide tout autour, diffusant les autres visions
d’Ambre matérialisées sous la forme de tous les royaumes possibles. Ambre
fut, est, réfléchie dans les Ombres dans lesquelles peuvent être dévoilées
les richesses de la diversité provenant de l’esprit de son créateur. Par
leur existence même, les Ombres sont liées immuablement à leur centre. Ombre
comprend toutes les potentialités de l’imaginaire humain, et elle s’étend à
partir du centre tout le long et autour de la voie menant au Chaos, imposant
un genre d’Ordre y compris aux portes ultimes du Chaos.
Ambre et Ombre sont entrelacées sur un support incorruptible et magnétique
qui les maintient ensemble. Elles ne peuvent être détachées en deux parties
séparées l’une de l’autre sans démolir l’Ordre qu’elles ont créé par leur
union. Cette unité et cette proximité entre Ambre, Ombre et le Chaos
engendre une attraction cosmique qui soutient leur relation cinétique et
fluctuante pendant que dans le même temps cela autorise la rotation de
l’univers dans le vide. Ambre est un monde en flux permanent, pivotant sur
un genre d’axe central dans le cosmos et l’immensité de son espace.
Pourtant, elle est tout aussi fixée dans sa concordance avec l’Ombre et le
Chaos.
Seuls les yeux de Dworkin ont joui de la perspective d’une Ambre en « orbite
» grâce à la distance offerte par l’étendue de l’espace. Ainsi, sans sa
sagesse pour nous guider, il est difficile d’apprécier comment l’ensemble
géologique d’Ambre apparaîtrait d’un point de vue extérieur aux limites
naturelles de ce monde. Cependant, nos meilleurs savants sont parvenus à
mettre ensemble tous ces éléments sur l’image suivante : imaginez un galet
flottant au beau milieu d’un courant. Suivant son cours, le caillou amasse
différentes sortes de sédiments qui s’y cramponnent, le faisant gagner en
volume et prendre de nouvelles formes. Il continue à dériver dans le
courant, conservant toujours son aspect réel, c'est-à-dire que c’est encore
un galet, mais son apparence et sa taille et sa forme ont changé, continuent
à changer, tandis que diverses particules s’y accrochent et l’entourent.
C’est comme cela que nous apparaîtrait Ambre depuis le vide. Comme une
petite sphère s’écoulant à travers le vide, avec la pellicule brumeuse de
ses agrégats, les Ombres, le Chaos, sa Lune tourbillonnante et esseulée,
complétant sur le plan astral une étoile naine irradiant sa lumière jaune.
Cette « vapeur » que l’on peut apercevoir depuis une position avantageuse
dans l’espace, et qui enveloppe Ambre, est très trompeuse. Elle contient en
elle toutes les Ombres, mais celles-ci ne se situent pas sur le même plan
physique que le monde du vide à partir duquel on les observe. En effet, la
réalité des Ombres se présente le long de différentes lignes autres qu’une
simple ligne orbitale. Plutôt que d’essayer de les voir depuis les grandes
hauteurs, il faut marcher sur la Terre bien tangible et faire soi-même
l’expérience du déplacement à travers Ombre. Celui qui s’en va loin du
centre d’Ambre, c’est à dire le Mont Kolvir, jusqu’à une distance encore
plus grande que plusieurs centaines de kilomètres, se trouve dans une
réalité différente, une Ombre. Si l’on continue son périple, on trouve
d’autres réalités, chacune d’entre elles étant régie par un ensemble
différent de lois physiques, chacune d’entre elles étant également contenue
à l’intérieur d’un univers propre dont la population qui l’habite croit
qu’il représente les limites de leur monde. En dépit du fait que cela semble
en contradiction avec les lois de la nature et les contours apparents de
chaque Ombre, le voyageur depuis Ambre se trouve toujours dans les limites
de son monde. Jusque-là, les Ombres font encore partie de la planète
originelle, mais le mouvement dans l’espace terrestre a un effet sur les
potentialités offertes par les nouvelles réalités que l’on aborde. N’importe
quoi peut être trouvé dans les Ombres, depuis des Tours Eiffel et des Taj
Mahals jusqu’à des Empire State Buildings. Le monde est tout à fait
inépuisable, contenant toutes les essences, sur une échelle macrocosmique ou
microcosmique, de tous les mondes possibles et imaginables qui ont un jour
existé ou qui existeront un jour.
Ceci ne veut pas dire que tous les êtres puissent marcher depuis Ambre ou
ses environs tout en étant capable de se déplacer entre les Ombres. Seuls un
être natif d’Ambre peut entreprendre un tel déplacement effectué selon sa
propre volonté parmi des réalités aussi diverses. Toutefois, en plusieurs
points, aux frontières d’Ambre et de ses Ombres les plus attenantes, la
réalité est comme vacillante. En fait, les frontières proches du monde réel
et leurs reflets deviennent pratiquement indiscernables. Ces frontières ne
sont pas nettes et solides. A ces endroits tout spécialement, Ambre agit tel
un aimant sur les Ombres adjacentes, et les objets et les êtres s’y trouvant
peuvent être attirés et transportés en Ambre depuis Ombre. Il s’agit
essentiellement d’un processus à sens unique, à telle enseigne que selon
toute probabilité, des objets situés à Ambre ne vont pas atterrir sur les
Ombres les plus contiguës, même si l’inverse peut arriver.
Pour chaque être conscient né à Ambre (comme d’ailleurs pour ceux nés dans
les Cours du Chaos), il y a quelque chose à dire de l’attraction mystique
due à l’artisan d’Ambre, Dworkin. Cette attraction permet une coopération
entre le flux naturel d’Ambre et les ondes personnelles que chacun émet à
partir de son énergie psychique interne. Tout individu Ambrien possède une
orientation innée qui concorde avec les forces naturellement engendrées par
Ambre. Dans un sens, un véritable Ambrien peut « lire » les forces autour de
lui et, jusqu’à un certain degré, peut les modeler pour les ajuster selon
ses désirs. Ainsi, il a la possibilité d’employer sa volonté pour voyager en
Ombre au-delà des frontières extérieures d’Ambre. Inversement, il peut
modifier les paramètres atmosphériques et géographiques des Ombres dans le
but de voyager entre elles et s’il le souhaite de retourner à Ambre. Avec
nombre de variations, un Ambrien possède le potentiel pour exercer des
aptitudes psychiques spéciales sur le monde environnant. Ces capacités
exclusives pourraient sembler « magiques » à quiconque est extérieur à leur
orientation naturelle. Ces compétences sont toujours une conséquence logique
pour tout particulier Ambrien, mais elles varient tellement d’un individu à
un autre que deux personnes n’auront jamais les mêmes facultés psychiques.
Phénomène inhérent à Ambre, le paradoxe qui implique sa position cosmique et
sa nature « invisible » est apparent dans ces deux forces contradictoires à
l’œuvre dans le monde :
1) le mouvement physique de la planète et sa relation au soleil, à la lune,
aux étoiles, au Chaos dans un univers ordonné.
2) les forces mystiques qui gouvernent la logique interne du monde et de
ses Ombres.
En termes plus simples, il ne pourra jamais y avoir de cohésion entre ces
deux sources de motivation. Les aspects physiques du monde sont
définitivement séparés de ses forces mystiques. Même si des forces physiques
comme la gravité par exemple exercent une influence sur Ambre, de telles
forces sont souvent détournées ou déformées par l’ influence contradictoire
de forces psychiques qui font partie intégrante de la logique interne
d’Ambre. Cette logique interne fut initiée en son temps par la psyché de
Dworkin qui s’est imprimée sur la Marelle. Elle s’est perpétuée tout en se
transformant continuellement par l’interaction successive des psychés de la
lignée royale qui se sont à leur tour imprimées sur la Marelle. La loi de la
gravité fonctionne pleinement à Ambre, mais on trouve des exemples dans
lesquels sa vérité physique est apparemment défiée : sur l’escalier sous la
mer Faiella-bionin rejoignant Rebma par exemple. C’est toujours la même
logique interne qui est la cause de cet exemple spécifique de forces
gravitationnelles permettant aux gens de bouger naturellement le long de
cette voie d’accès, même quand manifestement cela constitue un déni du poids
de l’effroyable pression de l’eau entourant ce lieu. Les lois physiques sont
ainsi localement détournées par la logique interne du monde d’Ambre.
Il est terriblement frustrant pour les membres d’une société moderne comme
celle qui vit à Ambre que les avancées technologiques communes à de
nombreuses Ombres soient intrinsèquement refusées à la véritable cité. A
différentes périodes de la longue histoire d’Ambre, des membres de la
Famille Royale ont fait venir des techniciens, des ingénieurs voire même
certains des meilleurs esprits scientifiques provenant d’indénombrables
Ombres orientées technologie, pour qu’ils s’efforcent de résoudre les
problèmes de l’impossibilité physique de maîtriser le courant électrique.
Bien que la luminosité soit une évidence dans la constitution météorologique
d’Ambre, aucun Ambrien semblable à Edison n’a découvert le secret de
l’induction électrique afin d’alimenter un fil électrique en énergie et
faire s’illuminer une ampoule. Peu importe comment les physiciens expliquent
avec insistance la nature de la circulation des électrons libres, le fait
est que tout simplement les électrons ne bénéficient pas en Ambre de
l’énergie motivante que les autres Ombres possèdent apparemment en partage.
A Ambre, un facteur indétectable réduit l’électron en une particule inerte,
de telle façon qu’aucune énergie n’est dégagée. Sans le concours d’électrons
en flux libre, la base de la plupart des technologies est inaccessible.
Cependant, il existe une conséquence inverse à la négation de l’énergie
basée sur l’électron qui permet d’aboutir à une forme de technologie
alternative. Cette forme est en rapport avec la logique interne définie
précédemment. Pour les non-initiés, on peut par facilité la désigner par le
terme de magie. Les facultés que les membres de la Famille Royale et de
nombreux citoyens d’Ambre ou des Ombres proches mettent à profit pour
influencer leur environnement peuvent, en effet, sembler magiques. A Ambre
et dans les Ombres voisines spécialement, on note une forte correspondance
entre la configuration physico psychique des êtres conscients et la logique
interne de leur cadre de vie. Les Ombres plus lointaines, en raison de la
distance qui les sépare du centre, sont moins concernées par les effets
d’une telle interaction physico psychique. Sur l’Ombre Terre, par exemple,
les individus n’ont en fait aucune influence sur leur environnement par des
phénomènes psychiques. Certes une très faible influence existe, car de rares
individus ont pu être crédités d’avoir réussi à déterminer l’apparition d’un
phénomène unique.
La tendance qu’ont les êtres conscients à croire que leur ordre d’existence
est le plus évolué de toutes les espèces est probablement la plus grande
source de discorde entre les Ombres, et entre chaque Ombre et Ambre. Les
citoyens ordinaires de l’Ombre Terre se voient volontiers eux-mêmes comme
les maîtres de l’univers, et voient leur pouvoir physique sur les atomes
comme étant le plus influent et le plus décisif de tous les pouvoirs dans
leur monde. Pour de telles personnes, il devient assez facile de nier toute
autre forme d’influence, particulièrement celle de nature magique. Leurs
perceptions d’une réalité principalement considérée par le prisme du sens
pratique les empêchent de reconnaître l’existence d’une influence mystique
plus élevée. En fait, un tel déni a causé la dissension dans différents
groupes sur l’Ombre Terre à travers son histoire.
Grâce à la perception améliorée apportée par Ambre et les Ombres
avoisinantes avec lesquelles Ambre commerce, c’est avec une grande aisance
que les citoyens normaux reconnaissent les correspondances entre la «
mécanique quantique », qui est au cœur des réalités technologiquement
orientées, et la logique interne du monde réel qui permet aux individus de
pratiquer les arts affublés de l’adjectif de mystiques. Plutôt que d’être
dans la suffisance basée sur une vision provincialiste de l’univers, il est
préférable d’être au courant des influences merveilleuses mises en œuvres
dans le monde réel. Ainsi, ceux qui ont conscience de l’existence d’Ambre
sont loin d’être blasés par leur connaissance de toutes les réalités. Il
serait clairement dangereux d’être inconscient du fait que la réalisation
d’un événement désastreux dans une réalité finit par les affecter toutes, et
qu’une menace sur Ambre représente un danger pour chacune d’entres elles.
Sa Géographie
Le centre du monde physique d’Ambre est la montagne nommée Kolvir. Le Kolvir
est la manifestation résultante des mouvements de la croûte terrestre due
la tectonique des plaques. Puisque que le monde fut généré par la Marelle,
elle qui réside dans les profondeurs internes du Kolvir, il est aisé de
comprendre comment un phénomène géologique de grande échelle, tel qu’un
système montagneux, a pu surgir autour de la Marelle, formant ainsi le
centre de tout.
Le Mont Kolvir est une entité massive et étendue qui affiche plusieurs faces
aux larges parois rocheuses. Surfaces escarpées et rebords sinueux en
surplomb de pentes abruptes procurent de très rares chemins accessibles même
pour des alpinistes chevronnés. Le danger d’une invasion et d’une attaque
contre le palais est grandement réduit du fait de la facilité avec laquelle
on aperçoit les grimpeurs approcher le long des seules routes praticables.
En général, la subduction a provoqué d’importants changements dans le relief
des régions les plus proches du mont Kolvir. C’est pourquoi toute cette zone
autour de l’élévation montre une telle diversité de traits : une chaîne
montagneuse, des vallées, des cours d’eau et des forêts. Ces différents
aspects si fortement marqués portent témoignage de la violence dégagée lors
de la formation de la planète, avec pour conséquence toutes ces collines et
ces vallées près du centre originel. En s’éloignant du Kolvir, on constate
la présence de surfaces moins accidentées et plus avantageuses. On peut voir
dans la structure géographique une symétrie indiquant clairement
l’organisation de toutes les régions en un cercle dont le point central est
le Kolvir.
La partie la plus urbanisée, la ville d’Ambre elle-même, ceinture toute la
portion sud du Kolvir, s’étend en terrasses successives taillées dans le roc
vers le sud, et enfin poursuit selon un axe est-ouest longeant la côte
abritant le Quartier Portuaire et son accès facile à la mer. Villes de
moindre importance, bourgs et bourgades occupent l’espace environnant d’une
façon circulaire le long de la côte est et de la côte ouest ainsi qu’à
l’intérieur des terres plus au nord. La cité immergée de Rebma s’étend sous
la mer, au sud-ouest d’Ambre. Au loin se trouve l’île de Cabra, avec son
phare solitaire qui guide les navires jusqu’aux rivages d’Ambre, à environ
65 km toujours en direction du sud-ouest. Les régions extérieures, à la fois
terrestres et maritimes, sont liées au Cercle d’Or, lequel détermine les
royaumes qui commercent avec Ambre. Certains de ces royaumes se situent
partiellement en Ombre, mais mettent à profit des routes ouvertes à deux
voies de circulation conduisant à Ambre. Puisque le Cercle d’Or est délimité
par des frontières qui ne sont pas clairement définies, la carte de cet
ensemble ne peut pas être dessinée avec précision.
Le palais d’Ambre, lieu de résidence de la Famille Royale lorsque celle-ci
n’est pas en voyage en Ombre, se situe dans les hauteurs au nord de la
ville. On peut voir sur les remparts plusieurs tours qui montent encore plus
haut, principalement à quatre étages. La Marelle repose en profondeur à
l’intérieur de la montagne, dans les sous-sols du Palais, dans un des
renfoncements des innombrables pièces composant les donjons. D’aucuns
disent que la Marelle se trouverait approximativement au milieu de la
montagne. Des parcs et des jardins, des fontaines et des bassins, sont
disséminés tout autour du Palais et dans ses cours intérieures, présentant
une image sereine et idyllique d’une beauté sans égale. La campagne autour
d’Ambre, même dans les régions les plus en contrebas, jouit d’une nature
verdoyante unique pour sa richesse et son agrément, tout spécialement sur le
Kolvir et ses environs. Les terres sont fertiles et pleine de minéraux. La
flore y est abondante. Les arbres et les arbustes portent des feuillages
luxuriants, vibrant de vie. Visiter la campagne du Mont Kolvir procurerait
la plus grande joie et le plus grand plaisir au touriste en ballade.
Au point le plus haut du Mont Kolvir, quelques six cent pieds au-dessus du
rez-de-chaussée du palais, se trouvent trois pierres, placées
symétriquement. Ces pierres toujours présentes forment les premières marches
menant à la cité apparaissant dans le ciel, Tir-na Nog’th. L’escalier
prolongeant ces marches apparaît seulement à la lueur de la lumière lunaire.
Donnant le frisson, l’apparition elle-même, quand elle advient, ne peut être
aperçue que du sommet de la montagne principale. Les citoyens de la ville
d’Ambre ne peuvent pas assister d’où ils sont à la fantastique
matérialisation d’une terre fantôme suspendue au-dessus des eaux. Même pour
une personne toute proche du phénomène, la transparence de la structure fait
douter de sa réalité. En effet, celle-ci ne peut être prouvée que par la
montée factuelle des marches par un membre de la Famille Royale, parcourant
l’escalier fantôme qui s’élève vers les cieux.
La route la plus directe jusqu’au palais d’Ambre est le long et sinueux
Escalier Est, formation naturelle dont le rebord est gravé dans le roc
solide. Bien que l’ascension du Kolvir par la façade Est ne soit pas
particulièrement difficile, l’escalier sinueux est si étroit qu’un simple
faux-pas pourrait se révéler fatal. Une fois atteint un point situé à la
même hauteur que le palais, on se trouve au bord d’un plateau au sommet de
l’escalier. Il faut ensuite effectuer une longue marche en pente douce en
direction de la Grande Arche, l’entrée d’Ambre. Une autre voie d’accès
implique de traverser la vaste Vallée de Garnath à l’Ouest, puis gravir la
chaîne de montagne occidentale reliée au Mont Kolvir. Evidemment, ce serait
un bien plus difficile et harassant moyen d’entrée à Ambre, mais une armée
d’invasion serait plus avisée de l’entreprendre dans le but de s’assurer du
secret de ses mouvements de troupes.
Le Boulevard Central qui se déploie au cœur de la ville d’Ambre peut être
rejoint depuis le palais en descendant la déclivité rocheuse au sud du
Kolvir. Bien que cela soit facile d’accéder au palais à partir de la ville,
le palais proprement dit est bien gardé à cet endroit. Si l’on suit le
Boulevard Central, cela devient plus abrupt en s’approchant de la zone
portuaire. En prenant plusieurs rues transversales en direction de l’ouest,
on rejoint la Route du Port et à la fin du vallon encaissé se situent les
embarcadères où sont amarrés de grands et petits bateaux à voile. Si le
quartier du Boulevard Central abrite une population dense et est doté de
luminaires bien entretenus, avec sur les côtés des boutiques intéressantes
et variées, en revanche les ruelles de sa partie méridionale près de la mer
sont souvent mal éclairées et sales, de surcroît habitées par toutes sortes
de gens de tous horizons peu recommandables. Il vaut mieux ne pas
s’aventurer dans le Quartier du Port seul dans l’obscurité.
Au pied sud-est du Mt Kolvir, près du rivage, se dresse une petite chapelle
dédiée à la Licorne, une parmi celles construites en son honneur sur des
sites où celle-ci s’est montrée dans le royaume d’Ambre. A flanc de montagne
face à la mer et vers l’Orient se trouvent de nombreuses grottes marines.
Au-delà de la Cité, plus loin vers le sud et l’ouest, se situe la vaste
Vallée de Garnath avec dans son prolongement vers l’ouest la Forêt d’Arden,
qui s’étend d’un bloc en direction du nord et de l’ouest. Une charmante
petite clairière se trouve à Arden connue sous le nom de Bosquet de la
Licorne. Il y a là un petit ruisseau bouillonnant qui prend sa source à un
étang plus au nord, puis contourne Garnath pour déboucher dans la mer sur la
côte au sud.
Coupant vers l’est, parallèlement à la ligne côtière sud, plusieurs vallons
sont intercalés dans la Vallée de Garnath. Des zones boisées les recouvrent
partiellement, et le lit de la rivière Oisen coule dans une de ces petites
vallées tout près des eaux de la côte sud-est.
Le domaine d’Ambre dans son ensemble s’étend pour sa part loin vers l’ouest
et le nord, accueillant différents types de sol, depuis des terrains
marécageux en passant par des plaines jusqu’aux terres de montagnes, offrant
ainsi de multiples sources de production à exploiter. Près de la ville, dans
de nombreux endroits autour du palais royal, on peut admirer les palais
particuliers des autres grandes familles de la Noblesse d’Ambre ainsi que
les flèches baroques de différents Temples. Loin le long de la côte est
d’Ambre, et vers le nord, se situent les vignobles renommés du Baron Bayle.
Plus à l’intérieur du continent et éparpillés suivant un axe nord-sud, on
peut voir de larges étendues de terre cultivées et des herbages clôturés
pour l’élevage de différentes espèces animales.
Les villages sur ces terres septentrionales dépendent essentiellement de
l’agriculture et les populations locales y ont un mode de vie laborieux dans
ce cadre champêtre. Les régions du sud, alignées sur les plaines du nord
au-dessus du Kolvir, ont l’avantage de border à la fois les communautés
agricoles et les routes commerciales. Dans les villes qui s’y sont
implantées travaillent des vendeurs en magasins ainsi que des hommes
d’affaires compétents. Ils font du commerce avec les entreprises
d’import-export situées dans la ville et les comptoirs des Côtes Est et
Ouest. Ils peuvent ainsi profiter du mode de vie offert par une économie
florissante, bien plus confortable que la vie rustique.
La variété et l’étendue du pays dans le royaume d’Ambre fournissent de très
intéressantes opportunités aux citoyens installés dans ses contrées. Même si
des épreuves doivent être endurées, ici comme ailleurs, labourer la terre
est plus facile que dans la plupart des autres lieux. Pour le businessman
astucieux, le recrutement est aisé, et les hommes d’affaire expérimentés
sont aussi demandés à Ambre que dans tout autre grand continent possédant
des marchés à conquérir et des frontières à dépasser. De nos jours,
l’immigration est principalement le fait d’invitations, et à l’occasion elle
se produit par accident, mais le nouvel arrivant connaît le privilège
inhérent à sa position. Peu de gens habitant en Ambre ne sont pas sans
savoir que le monde dans lequel ils se trouvaient n’était simplement qu’une
réalité partielle. Ils viennent ici parfaitement conscients de leur statut à
part, avec la volonté de remporter du succès dans l’unique monde réel.
DR
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