[ambre] Re: Non Sens

Auteur: Philippe Krait (philippe@pkrait.freeserve.co.uk)
Date: Sat Oct 30 1999 - 13:30:00 CEST


----- Message d'origine -----
De : Finndo <finndo@xoommail.com>
À : <ambre@sorengo.com>
Envoyé : 29 October 1999 08:18
Objet : [ambre] Non Sens

> Pourquoi j'ai encore l'impression d'être à l'origine d'une zizanie ? ;)

Prétnetieux ! Tu n'y es pour rien, on se débrouille très bien sans toi pour
semer la zizanie... (:-)

> J'ai fait des études en science, bien que ce ne soit pas des sciences
dures
> comme la plupart des scientitiques aiment le faire remarquer (sciences
> humaines). Justement, ce qui me dégoûtait, c'est qu'on insistait au départ
> sur les obligations scientifiques de la matière (étudiée), pour nous
rendre
> compte après sans paroles qu'il serait bien qu'on parle les mêmes
postulats
> que nos prédécesseurs. Les voies d'études sont déjà tracées, et malgré les
> belles paroles des théories qui fondent la science, tout est oublié dans
la
> pratique.

Je ne suis pas d'acord (ça n'étonnera personne). La difféence principale
entre les études et la recherche, c'est que, dans les études, il y a des
abses à acquérir ne serait-ce que pour pouvoir étudier d'autres choses et en
parler à d'autres personnes. Ceci est d'autant plus important que, au vu de
l'énorme masse de connaisances accumulées et souvent nécessaires pour
progresser, il est à peu près impossible pour un chercheur unique de trouver
quoi que ce soit de vraiment nouveau. il y a de moins en moins ed "vrais
génies", pas parce que les cerveaux brillans se font plus rares, mais parce
que la vie humaine est limitée.

> Parce que les crédits manquent,

Ca,c 'est un autre problème. mais tu ne peux pas octroyer tous les crédits à
la recherche dans l'espoir de bâtir demain un monde meilleur. les gens
d'aujourd'hui ont aussi le droit de vivre. Tout est une question d'équilibre
et de retour sur investissement. Certes, il ne faut aps tomber dans l'effet
Tapie (balancer systématiquement la R&D pour regonfler localement, quitte à
ce que ça meure derrière), mais il en faut pas non plus tomber dans l'excès
inverse.

> parce que les gens sont rarement
> ingénieux,

Voir plus haut ce que je dis à ce sujet.

> et parce que les scientifiques qui font de la recherche ont plus
> à coeur leurs problèmes politiques que l'intérêt de la science.

Il y a des cas où c'est fondamentalement nécessaire, si on prend la
définition de base de la politique. Je suis cependant d'accord avec toi
qu'il y a bien des cas où des intérêts partisans ont pris le pas sur la
recherceh pure. mais peut-on réellement reprocher à un scientifique d'être
humain,e t non une froide machine à penser ? Il faut, là aussi un équilibre.

> Je cotoie
> des scientifiques plus rigoureux qui m'ont convaincu que c'était pareil
> dans toutes les sciences. (je ne tiens pas à refaire le débat pour
> quelqu'un qui me dira : oui, mais les maths c'est différent).

Dans une certaine mesure, ce que tu dis semble s'adapter à pas mal de
sciences, même si je suis en désaccord avec ce que tu dis. Ce que je te
ferais néanmoins remarquer, c'est que le terrain des sciences dites
"humaines" est à mon avis plus propice à la recherche de nos jours que le
terrain des sciences abstraites ou appliquées.

> Dans la mesure où dans la pratique, les postulats ne sont remis en
question
> que si un génie se penche dessus, la science ne touche pas l'intérêt
> qu'elle vise, à mes yeux.

Attends un peu, tu n'a qu'à être un génie et remettre en cause les
postulats, si c'est si facile (:-). Le problème, c'est que les postulats et
les approximations ont fait leurs preuves dans ce qu'ils cherchent au niveau
de la vie quotidienne. ils sont suffisants, et ce qu'on peut faire en les
affinant n'a quasiment pas de retombées pratiques dans la mesure où
l'existant suffit tout à fait.

Mais il y a des tas de domaines où il y a encore des champs à défricher, la
médecine ou les sciences humaines.

> voilà ce que je voulais dire sur la science en général, qui me paraît
toute
> puissante aujourd'hui, et qui ne doit sa popularité qu'au déclin de la
> croyance en la religion, pas en ces qualités intrinsèques.

Non, je pense qu'il s'agit plutôt du contraire. le déclin de la religion
vient en grande partie de la crossance de la science. Car comment encore
croire en Dieu alors que la science qui semble pour le commun des mortels
avoir presque tout résolu, n'a pas encore ne serait-ce qu'approché la preuve
de l'existence de Dieu ?

Philippe



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