Auteur: laurent lippa (laurentlippa@hotmail.fr)
Date: Sat Jul 14 2007 - 10:54:04 CEST
Du Complete Amber Sourcebook, la traduction de l'article sur la Licorne
La Licorne d'Ambre
Il s’agit d’une créature magique dont les apparitions sont en elles-mêmes de
grands événements, réjouissant ainsi tous les regards de son incomparable
splendeur. A Ambre, son statut est tout à fait unique. La légende rapporte
qu’en dans des temps précédant l’instauration de l’Ordre, Dworkin fit pour
la première fois la rencontre de la Licorne. La nature de leur relation
reste indéterminée, et par ailleurs il est concevable que cette créature
d’un charme surnaturel puisse changer d’apparence. La Licorne avait réussi à
obtenir le Joyau du Jugement, donnant les moyens à Dworkin de créer la
Marelle sur la roche dénudée d’une île alors en suspension au beau milieu du
vide du Chaos. Cet acte fondateur avait établi l’Ordre, et Ambre, et toutes
les Ombres jusqu’au Chaos originel. Selon la fable, avant de gambader en
toute liberté en Ombre, la Licorne avait prise part à l’avènement de la
Lignée Royale d’Ambre. Dans certaines versions, le futur monarque du royaume
d’Ambre est enfanté par la Licorne en personne.
Personne ne peut en dire plus étant donné l’absence de faits consignés
datant de cette époque. Nous devons accepter l’histoire mythique comme une
chose qui relève de la foi. Ceux qui pour leur plus grande joie ont
contemplé la Licorne recourent de bonne grâce à la suspension volontaire
d’incrédulité et acceptent cette genèse poétique.
Obéron, le fils spirituel de Dworkin, se pose quant à lui des questions sur
le sens à donner à cette association inouïe. Il en parlait très rarement, et
avec le passage de plusieurs millénaires, même les enfants d’Obéron
rangèrent les différents épisodes de cette histoire dans le registre des
mythes et légendes.
Dans ses Chroniques, Corwin mentionne son cheminement à travers ce jardin
idyllique nommé par Obéron le Bosquet de la Licorne.
« Le Bosquet de la Licorne se trouve en Arden au sud-ouest de Kolvir, non
loin de ce saillant de terrain où le sol entame sa descente finale dans la
vallée, appelée Garnath. Bien que Garnath ait subi des malédictions, des
incendies, des invasions, et d’âpres combats, les hautes terres d’alentour
sont restées indemnes. Le bosquet où Père prétendait avoir vu la Licorne,
des âges auparavant, et avoir connu les événements particuliers qui
l’avaient conduit à adopter l’animal comme emblème d’Ambre et à lui faire
place sur ses armoiries, était, autant que nous puissions nous en rendre
compte, un coin à peine masqué à la vue, situé entre la grande perspective
allant de Garnath à la Mer, à vingt ou trente pas vers l’intérieur à partir
de la crête supérieure. Une clairière dissymétrique où une petite source
coulait d’un amas de roches, formant un bassin bien clair, puis débordant en
un fin ruisseau qui s’en allait vers Garnath et au-delà. » (Le Signe de la
Licorne 86-87)
Lorsque la Licorne est aperçue, la scène se révèle presque toujours agréable
et vivifiante, bucolique et majestueuse. Sa divine présence produit sur
l’assistance un effet rassurant mais aussi énergisant, dissipant les
chagrins et les sujets de mécontentement, suscitant confiance et sérénité.
L’allusion de Corwin à des « événements particuliers » pourrait se rapporter
à plusieurs histoires restées invérifiées à propos de rencontres avec cette
créature de rêve. Il semble plausible que Corwin se réfère à une époque où
Obéron, étant encore jeune homme, avait été grièvement blessé lors d’un
combat à mort avec un énorme loup entré en frénésie. Il était resté étendu,
seul dans les bois, dans un état proche de la mort. Des bardes ont écrit,
plusieurs années après les faits, que la Licorne l’avait trouvé couché sur
une roche sans aspérités, sous un toit de verdure formé par les branches des
arbres alentours. Elle le toucha avec sa corne, et il fut ranimé, revenant à
la conscience. Une fois ses blessures bandées, toujours très faible, il
entreprit de se déplacer jusqu’à une aire plus habitée. Après son
rétablissement, Obéron retourna sur les lieux, reconnaissant l’endroit
ensanglanté où il avait failli perdre la vie. Il y fit la découverte d’un
courant d’eau claire qui s’écoulait en lacet et en pente à travers les
herbes et les rochers, exactement à partir de là où il était resté gisant,
presque à l’agonie.
Corwin se souvient l’avoir vu de ses propres yeux, et ceux qui
l’accompagnaient peuvent en témoigner. Dans son histoire personnelle, les
apparitions eurent lieu à des moments cruciaux, lorsque la Dynastie se
trouvait en pleine crise, et sa vision, présage d’excellent augure,
remplissait ceux qui la contemplaient d’une immense plénitude.
Gérard et Corwin avaient rejoints le Bosquet de la Licorne pour récupérer le
cadavre de Caine que Corwin avait trouvé là. Gérard était extrêmement
suspicieux à l’égard de Corwin, car il le croyait responsable du meurtre de
leur frère. Pendant que les autres membres de la Famille les regardaient par
Atout, Gérard mit Corwin dans une situation périlleuse tout en lui
expliquant que les autres étaient en train de les observer. De cette façon,
Gérard pensait que Corwin ne pourrait agir contre lui sans tout de suite
éveiller les soupçons.
A la suite de ces moments de grande tension, et tandis qu’ils enveloppaient
le corps de Caine d’un drap, Gérard attira l’attention de Corwin sur une
vision absolument remarquable :
« _Corwin ! Regarde ! Ce n’était qu’un murmure et Gérard referma la main sur
mon coude tout en parlant.
Je suivis la direction de son regard et me figeai. Nous restâmes sans bouger
en contemplant l’apparition : une douceur blanche et frémissante
l’enfermait, comme si elle eût été couverte de duvet plutôt que de poil et
d’une crinière ; ses petits sabots fendus étaient dorés, de même que la
corne spiralée et fine qui ornait sa tête étroite. Elle se tenait sur une
des petites roches et broutait le lichen qui y poussait. Ses yeux, quand
elle les tourna vers nous, étaient d’un vert émeraude brillant. Elle demeura
aussi immobile que nous durant de brefs instants. Puis elle eût un geste
nerveux, rapide, des pieds de devant, battant l’air et frappant la pierre
par trois fois. Puis elle se brouilla et disparut comme un flocon de neige,
sans un bruit, peut-être dans les bois qui se dressaient à notre droite. (Le
Signe de la Licorne 94)
Comme Corwin l’avait rapporté dans ses mémoires, la Licorne lui était
apparue à deux autres reprises en des périodes particulièrement
significatives. A chacune de ses apparitions, la créature les touchait
profondément par son élégance et sa grâce, surtout sur un plan personnel et
affectif. A chaque fois, la Licorne s’accompagnait d’une révélation, qui
influençait leur conception du monde.
Elle se montra devant Corwin une autre fois alors que lui, Random et Ganelon
descendaient de la montagne à cheval, étant partis du point culminant du
Mont Kolvir, là où les trois pierres initiaient l’escalier fantômatique de
Tir Na Nog’th se matérialisant à la lumière lunaire. Elle les guida à
travers un Kolvir étrangement métamorphosé, à l’endroit où, pour la première
fois, ils posèrent les yeux sur la Marelle Primordiale. (Le Signe de la
Licorne 219)
Ils firent part de leur découverte au reste de la Famille Régnante, leur
racontant qu’ils avaient vu le véritable degré sous-jacent de la réalité,
et ils purent saisir qu’elle était la cause de tous les troubles en Ambre,
la source de la crise apparaissant sur le dessin originel.
La dernière rencontre de Corwin avec la Licorne a eu lieu lors du dénouement
de la bataille de la Crise de la Marelle. En un temps au cours duquel Ambre
et les Ombres semblaient perdues pour les survivants, elle vint à eux. Le
typhon qui annihilait tout sur son passage était sur le point d’effacer de
la surface les ultimes vestiges d’existence hormis les Cours du Chaos.
Corwin et les autres attendaient sur les hauteurs au bord de l’Abîme, sans
l’espoir de pouvoir un jour restaurer l’Ordre. Soudain, d’une manière
incroyable, la Licorne fit son irruption depuis l’Abîme, avec le Joyau du
Jugement autour du cou.
Elle s’approcha du groupe de Corwin avec précaution. Sans manifester aucune
angoisse, elle s’avança directement vers un des membres de la Famille Royale
et s’agenouilla devant lui, si près que sa corne le toucha presque. C’était
Random qui se tenait devant la Licorne. Il empoigna le pendentif et l’enleva
délicatement de son encolure. Après quoi Random plaça le Joyau autour de son
propre cou. Alors la Licorne s’en alla au pas puis partit au galop et
disparut.
La Licorne avait désigné à tous les membres de la Famille Royale qui devait
être le successeur du défunt Roi Obéron, et elle leur donna également les
moyens de stopper la Tempête de Mort. En la circonstance, tous se sentaient
humbles, mais c’était aussi la cause d’une grande exaltation et l’occasion
d’une profonde réflexion autour de la notion de sacré.
La tradition de la Licorne en tant qu’être surnaturel, symbole de puissance,
de faste et de pureté, digne d’adoration et de culte, continue à se
perpétuer jusqu’à aujourd’hui, en Ambre et dans une kyrielle d’autres
Ombres. A Jidrash, la capitale de l’Ombre Kashfa, la Première Eglise de la
Licorne abrite des offices religieux qui reflètent les croyances de la
nation kashfienne en l’idée que la Licorne joue un rôle positif dans chacun
des aspects de leur vie.
A Ambre, des chapelles dédiées à la divine Licorne sont édifiées en des
sites où elle a été mise en vedette, son apparition ayant été corroborée par
différents témoignages. La cérémonie d’adieu en l’honneur de Caine eut lieu
dans une de ces chapelles, au pied du versant sud du Mont Kolvir. Le Roi
Random y fit la lecture d’un passage du Livre de la Licorne. Ainsi que
Merlin l’avait écrit dans ses journaux personnels :
« Normalement, Random aurait dû célébrer cet office, étant donné que le
Monarque est également le grand prêtre du royaume. Mais il se contenta de
lire des passages d’introduction et de clôture du Départ des Princes,
extrait du Livre de la Licorne, et laissa le soin d’officier à sa place.
Caine était en effet resté plus longtemps avec lui qu’avec tout autre membre
de la Famille. C’est ainsi que la voix de Gérard se réverbérait dans la
petite chapelle de pierre. Il lisait de longs paragraphes où il était
question de la mer, de la mutabilité et de l’éternité. On dit que Dworkin a
écrit ce livre à une époque où il était sain d’esprit, et que certains
chapitres lui ont été dictés par la Licorne elle-même. J’ignore si c’est
vrai, quelle est la part d’affabulation et de réalité historique dans tout
ça. Je n’étais pas présent. On raconte encore que nous serions les
descendants de Dworkin et de la Licorne, ce qui incite à imaginer des
scènes peu banales et pittoresques. Les origines de chaque chose sombrent
dans l’oubli et sont remplacées par le mythe voire la superstition. Qui peut
savoir ? Je n’étais pas né à l’époque.
« …Et tout retournera à la Mer », psalmodiait Gérard. » (Les Atouts de la
Vengeance 164)
Quelque temps après, quand Merlin voguait loin des côtes en compagnie de
Vinta Bayle, il pensait avoir entr’aperçu la Licorne, un instant, près de la
caverne marine où le corps de Caine avait été installé. (Le Sang d’Ambre 99)
Les nombreuses histoires au sujet de licornes qui sont racontées dans les
Ombres parlent de la beauté de la créature, de son élégance et de sa
gentillesse, du charme éthéré de sa crinière dorée, de sa capacité à guérir
grâce à sa corne sublime. On trouve infiniment peu de mentions de
démonstration de violence et d’agressivité de la part d’une licorne. Il est
dit dans certains contes que la Licorne peut protéger son territoire avec
une fureur si terrible que même des éléphants s’enfuiraient en toute hâte.
Il est parfois dit que des lions vivent en harmonie avec des licornes sur le
même territoire. A ce qu’il semblerait, les lions et les licornes ne
convoitent pas les mêmes sources de nourriture. Cela est en contradiction
avec le blason d’un ennemi juré d’Ambre, puisque Dalt le mercenaire, qui
dirige souvent des raids à l’intérieur et autour de l’Ombre Begma et hait
les Ambriens, a fait représenter sur sa bannière de guerre un lion éventrant
une licorne.
Bien sûr, en des temps plus rapprochés, nous avons appris par les journaux
de Merlin qu’il y a bien plus dans les légendes autour de la Licorne que ce
qui était précédemment compris. En effet de nouveaux éléments d’information
viennent donner du crédit à l’idée selon laquelle la Licorne d’Ambre est
perçu comme une créature que les gens ordinaires devraient craindre
révérencieusement. Merlin a rapporté avoir vu une immense image de la
Licorne dans plusieurs circonstances plutôt effrayantes. Par exemple, ceux
qui se trouvaient au Palais Royal au moment de la grande rencontre entre
les Puissances ont parlé avec une certitude affirmée de sa présence
impressionnante et imposante.
DR
Pour se faire une idée des sensations procurées par la vision d'une Licorne,
la galerie photo de la comédienne-animatrice Virginie Efira (étymologie peut
être du grec Ephyra : la chevelure dorée)
http://divertissements.fr.msn.com/celebrites/galerie.aspx?cp-documentid=4054796
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