Auteur: Harald (harald@umy.elsa.iie.cnam.fr)
Date: Tue Nov 14 2000 - 22:10:58 CET
you wrote:
> > Celui qui est mort sur la Marelle primale
> > est aussi mort à la dernière session. Il a fait une erreur...
>
>laquelle ? il est sorti du tracé ? ;-)
Il n'était pas en condition suffisante, il avait beaucoup de bad stuff, il
a trébuché et le vent d'étincelles a dispersé son jeu d'Atouts avant qu'il
ait le temps de contacter du monde.
> > Mouaip. Mais le suicide de mon perso, là, ça me rend un peu triste.
>
>il peut pas se contenter d'une super dépression ? ...
Non. A titre indicatif, je vous offre <pub> gratuitement </pub> la fin de
mon journal de PJ. C'est la tentative de suicide (que je pense manquée, je
la vois bien finir dans une bulle d'ombre protégée) de Sigi, fille de Bleys
et de Lydia d'Amblerash, nièce de Bances. Puis bon, elle a déjà passé toute
la campagne en dépression, alors...
Normalement, la totalité du journal, plus des fragments de celui de son
frère Kalkin, et celui de notre cousin Kalten, fils de Flora, devraient
être mis en ligne fissa. Je vous donne l'URL dès que c'est fait si vous
voulez. Il y a également une galerie de portraits d'Ambriens en vers, des
poèmes narratifs et bientôt quelques Atouts.
Oilàoilàààà... Et maiiiint'nant ? On va ooOOOOopp'timiséééééy -- heu
pardon, c'est les maths, ça a dû attaquer mon cerveau de pauvre 'ticienne.
Aplusse.
- H.
*****
Ambre. Ambre. Ambre. Ambre. Combien je te hais et combien je
voudrais te faire du mal. Non pas te détruire mais te faire du mal. Pour
payer tout ce qui nous est dû. Pour racheter s'il est possible notre
souffrance. Non, ce n'est pas possible. Mais je veux le faire.
C'est fini maintenant. Tout est détruit, et par ta faute. Plus
rien ne sera jamais comme auparavant. Lorsque j'ai cru Forodred - mon
Forodred ! - mort, j'ai compris la terrible vacuité d'Asgard, son
irréalité. Il n'y a pas que le trésor qui meublait ta trop vide caverne qui
était en carton. Asgard est un monde artificiel, artificiellement beau, qui
me dégoûte maintenant. Mais tout monde me dégoûterait à présent.
Mère. Je sais que je devrais penser à vous à cet instant, au havre
de paix que m'offrirait votre demeure. Mais c'est un idéal. Je vous connais
trop mal, et depuis trop longtemps, pour vous offrir ma confiance et mon
amour. Et, de toute façon, il n'y a plus d'amour en moi. Juste du
ressentiment. C'est tout de qu'on trouve en pressant la graine desséchée
qu'est devenu mon coeur. Vous avez été ma mère trop tard. Et pour cela j'en
veux à Père. Que vous ayez vous-même voulu cette séparation - mais
connaissant Père et le régime infernal auquel il nous a voués, Kalkin et
moi, j'en doute - ou non, c'est trop tard maintenant.
Je veux mourir. Me reposer. Partir. Même toi, mon Forodred, tu ne
réussis plus à me donner goût à la vie. Jamais je n'aurais dû te connaître.
Si je ne t'avais pas connu, tu n'aurais pas souffert cela. Je suis
maintenant chez Rinaldo. Si jamais j'en ai l'occasion, je le tuerai. Pour
ce qu'il t'a fait. De toute façon, si jamais j'en ai l'occasion, je tuerai
qui que ce soit.
Et mourir. De préférence de la plus belle manière qui soit. Je
mettrai en guise de sécurité un peu de mon sang dans des fioles. Ils ne
pourront pas m'arrêter sur la Marelle, au risque que je tombe et les brise.
Et au centre je mourrai dans un giclement de sang. Rouge. Rouge. Et la
marque écarlate qui se craquèle en noircissant. Et les étincelles bleues,
et le vortex tourbillonnant, et le hurlement devant la douleur qui
m'emplira. Qui ne sera rien à côté de celle que j'ai ressentie durant cette
trop longue vie. Je veux mourir. Mais en mourant je veux détruire.
***
Impossible. Mon sang ne faisait plus rien à la Marelle. Mais de
toute façon plus rien ne m'importe. Même la disparition de ta petite voix
dans mon esprit, ô Forodred, ne m'a presque pas atteinte. C'était fini. Il
valait mieux ainsi. A la fois je suis à vif et cependant toute racornie en
moi-même. Je ne sais pas pourquoi. C'est la fin. Je ne sens plus rien. Que
ce dégoût du monde, et ce vide en moi. Et pourtant j'aurais eu tellement
besoin qu'on m'aime. Un instant, mon Forodred, j'ai pensé que ton affection
pourrait remplacer celle après laquelle je courais sans vouloir me
l'avouer. En vain. C'est une affection qu'on ne peut remplacer quand elle
manque. Père.
Papa.
***
Oncle Corwin. Je m'aperçois en relisant ces pages que je m'étais
déjà interrogée sur la nature de votre univers. Maintenant, je sais. Du
moins j'en sais un peu. Vous nous avez sauvés. Je vous en remercie. Vous
êtes bon, Oncle Corwin. Le meilleur de nous tous sans doute. Vous valez
bien mieux que nous.
Je vous aime, Oncle Corwin.
Je vais partir, maintenant. Je vais marcher. Trouver une Ombre de
votre Marelle qui est maintenant aussi un peu la mienne puisque je l'ai
passée. Trouver une Ombre toute de noir et de gris, toute de sombre et
d'obscur. Une falaise quelconque, avec un puits d'obscurité. Y tomber. Y
mourir. Je suis si fatiguée. Je n'en peux plus. Je ne veux plus construire
quelque chose qui sera de nouveau détruit. Ce ne sera plus jamais pareil.
Les marques sont trop profondes.
Adieu, tous. Ambre, j'aurais voulu tu faire plus de mal.
***
Je suis morte. Non, pas encore. Je tombe. C'est le début, le
prélude à l'anéantissement final. Dans quelques instants, mon corps ne sera
qu'une informe tache noire, écarlate et rosâtre. Après tout, il est
tellement probable que les cailloux au fond soient même couverts de
piquants. Autant ne pas se priver de ce luxe.
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