Auteur: Jean-Christophe.Dubacq@ens-lyon.fr
Date: Mon Oct 11 1999 - 10:33:22 CEST
Bon, courrier surabondant pour un week-end d'exil. Je vais me fendre
d'une pièce que j'espère moins tranchée que mes avis précédents qui ont
dû paraître un peu fachistes.
Il me semble que le terme « Science-Fiction » a été galvaudé par de
nombreux auteurs, y compris des fanatiques qui voulaient voir dans tout
ce qu'ils lisaient de la science-fiction, quand ce n'était parfois que
de la « fantasy » (fantastique ? pas exactement). Je crois qu'il ne faut
pas essayer de faire de la science-fiction un genre « fourre-tout » où
l'on peut y mettre l'uchronie, la fantasy (sur des planètes lointaines,
mais n'ayant de scientifique que le fait que c'est une planète), le
fantastique pur et dur...
C'est difficile de classifier, mais je ne mets même pas le space-opéra
dans la science-fiction. La SF utilise comme ressort du récit
l'explication scientifique. Zelazny n'utilise en aucun cas l'explication
scientifique : il disperse tout au plus des hypothèses, car il rédige
pour des lecteurs ayant un contexte scientifique. Mais il ne donne point
d'explications. Les seuls éléments fondamentaux qu'il décrit ne le sont
pas en termes très scientifiques et ne sont en tout cas qu'un simple
support de la construction d'un support à l'histoire --- par exemple,
les quelques hypothèses sur la structure des ombres.
Quant à classifier « la machine à voyager dans le temps » et « Dracula »
entre science-fiction et simple fantastique, je mettrais la Machine dans
la catégorie science-fiction, car le récit s'appuie sur une découverte
scientifique dont les conséquences sont le récit (contrairement à une
intrigue policière autour d'une découverte scientifique), et « Dracula »
comme du fantastique (éventuellement de l'épouvante) car ce ne sont pas
les implications de la découverte des vampires qui sont explorées, mais
uniquement la destruction du Vampire. Par contre, je classifie en
science-fiction « Je suis une légende » de R. Matheson, qui est un roman
racontant la vie du dernier humain au milieu d'un monde qui n'est plus
constitué que de vampires. Et je classerais dans la science-fiction
« 20000 lieues sous les mers » au passage (bien que son aspect passé
soit présent : la science-fiction se définit par le rôle moteur de la
science dans le récit dans un contexte donnée), et « Star Wars » en
dehors.
Donc, Philippe, je suis de tout coeur avec toi : Ambre n'est pas de la
science-fiction. D'ailleurs, ce n'est pas de la fiction, c'est réel.
-- JCD
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