Auteur: Jeremie Bouillon (bouillon@club-internet.fr)
Date: Wed Nov 11 1998 - 02:15:58 CET
At 00:50 11/11/98 +0000, Magnus Pardieu wrote:
>Tiens, qui peux me faire une description (personelle ou d'après les
vénérables sources) des Cours du KO ?
>From Corwin:
" J'avais devant moi la Cour du Chaos. Où ? Les sens sont bien incertains ,
et à présent les miens avaient à subir une insurmontable épreuve. Le rocher
sur lequel je me tenais, par exemple... si j'essayais de le fixer du
regard, il prenait l'aspect d'un trottoir par une après-midi torride,
tremblant et flottant dans l'air bien que mon équilibre ne s'en trouvât pas
affecté. Et mes yeux ne parvenaient pas à définir quelle portion du spectre
leur était destinée, car ce qu'ils voyaient brillait et pulsait comme la
peau d'un iguane. Levant la tête, je trouvai un ciel comme je n'en n'avais
encore jamais vu, véritablement séparé en deux moitiés. D'un coté régnait
une nuit d'encre dans laquelle dansaient des étoiles. Si je dis dansaient,
ce n'est pas parce qu'elles scintillaient : elle faisaient de véritables
cabrioles en changeant de magnitude , elles filaient comme des flèches,
elles décrivaient des cercles, elles se mettaient à briller comme des
novae, puis elles disparaissaient totalement. [] L'autre moitié du ciel
ressemblait à une bouteille remplie de sables de différentes couleurs et
constamment secouée : je voyais se tordre des bandes oranges, violettes,
rouges, bleues, brunes et pourpres, tandis que des taches vertes, mauves,
grises et blanches allaient et venaient, s'insérant parfois pour remplacer
ou rejoindre les autres entités mouvantes. Là aussi, tout flottait et
tremblait, suggérant d'impossibles impressions de distance et de proximité.
Par instants, toutes ces bandes, ou certaines d'entre elles, paraissaient
véritablement juchées dans le ciel, et quelques secondes plus tard elles
jaillissaient et remplissaient l'air devant moi, telles des nuées diaphanes
et transparentes, avec des traînes translucides ou des tentacules de
couleur presque tangibles. Il se passa un certain temps avant que je me
rendisse compte que la ligne qui séparait le noir de la couleur progressait
lentement à ma droite tout en cédant du terrain à ma gauche, comme si le
mandala céleste tout entier tournait autour d'un point situé juste
au-dessus de moi. Je ne parvenais pas à déterminer quelle était la source
lumineuse de la partie la plus claire. En baissant les yeux de l'endroit où
je me trouvais, il me semblait apercevoir une vallée emplie d'innombrables
explosions de couleurs, mais lorsque dans leur progression les ténèbres
vinrent l'occuper, les astres dansèrent et jetèrent leurs feux aussi bien
au-dessus que dans ses profondeurs, créant une impression d'abîme
insondable. J'avais la sensation de me trouver aux confins du monde, de
l'univers, de tout. Pourtant très, très loin de l'endroit où je me tenais,
quelque chose demeurait en suspens au-dessus d'un socle d'un noir
absolument pur - ce quelque chose était tout aussi noir, mais bordé et
contenu par des éclairs de lumière à peine perceptibles. En l'absence de
toute distance, profondeur, je ne parvenais pas à estimer sa taille.
S'agissait-il d'un édifice isolé ? D'un groupe ? D'une ville ? D'un simple
lieu ? Les contours changeaient chaque fois que l'image s'imprimait sur ma
rétine. De minces nuées ne tardèrent pas à s'interposer en se tordant,
comme de longs voiles de gaze remontant dans l'air chaud. Lorsqu'il fut
parvenu à un tour complet, le mandala se figea. Maintenant les couleurs se
trouvaient derrière moi, et pour les voir il fallait que je tourne la tête,
chose à laquelle je ne pouvais me résoudre. "
>Je m'étais toujours imaginé les cours comme un lieu en continuel
changement ("Les contours changeaient chaque fois que l'image s'imprimait
sur ma rétine" MdO), comme le Logrus, obligeant ses habitants à avoir
recours à la métamorphose pour s'adapter à leur nouvel univers, mais à la
lumière d'un souvenir, je remets ca en cause. Lorsque le combat final de la
guerre de la Marelle se déroule, les Ambriens sont au bord de l'abysse, aux
pieds des cours. Or, aucun ne semble (à mes souvenirs) etre autrement
perturbé que par le paysage changeant. Les grands chaosiens (Borel en tête,
face à Corwin) ne semblent pas avoir revêtu leur état démoniaquequ ime
semblait presque nécesaire pour vivre en ces lieux.
Tu évoques un vieux problème: si les lois physiques d'une Ombre change
(genre pas d'électricité dans cette Ombre), comment un ambrien y survit ?
Bon en fait il semblerait que quelque soit l'endroit (Ombre ou Substance)
(saufs volonté spécifique du créateur de l'Ombre), n'importe qui peut y
vivre. Bill ROth vit en Ambre, Jasra et Julia au Chaos.
>Alors quoi ? La métamorphose ne serait qu'un privilège des grands, et de
"simples" ombriens pourraient vivre en ces lieux ? Ou au contraire, ceux-ci
sont confinés dans des zones plus calmes des cours (Zone Noire par exemple) ?
Voir ci-dessus.
>Et le point central des cours (l'opposé du chateau d'Ambre) consiste en
quoi ? Un chateau magique ? une série de grottes ? Rien de bien définis et
plutot une suiet d'entrées ??? j'imaginais pourtant des lieux où les
chaosiens se rencontraient (pour des raisons sociales, comme le temple du
serpent où ont lieux le culte), et donc quelque chose qui ressemblait à une
ville, en suspens au dessus du vide (de l'abyme ??)
>"Pourtant, très très loin de l'endroit où je me tenais, quelquechose
demeurait en suspens au-dessus d'un socle d'un noir absolument pur - ... -
je ne parvenais à estimer sa taille. S'agissait-il d'un édifice isolé ?
D'un groupe ? D'une ville ? D'un simple lieu ?" Corwin dans MdO
Un immense réseau, pas de grottes mais d'Ombres. Avec un voile d'ombre pour
un chateau complet, ou pour l'inéterieur d'un tiroir, selon les goûts de
chacun.
>Et comment y va-t-on ? Seulement en contrôlant le type de chemin
qu'emprunte Merlin pour aller rencontrer son père pour la première fois ??
La route noire semble y aller en plein Dworkin et la dépouille d'Obéron la
remontant pour rejoindre le centre, mais Dworkin en chaosien renégat
devarit avoir les moyens de contrôler tout chemin existant pour y aller...
Ben à pied... ou en pousse-pousse orbital... pourquoi ? :-)
>Dans un autre domaine, je suis retombé sur un passage de PdC, où la
Marelle fait valoir son point de vue sur l'ordre et le chaos (si longtemps
discuté, théologiquement réfléchit ! ;o) )...je fournis en bloc, ressortez
en ce que bon vous semble, mais IMHO, cela semble encore un combat entre
l'ordre et le KO, où l'oeil du serpent sert d'objet équilibrant leurs
forces...
Zel utilise le terme (en VF) d'Ordre (avec la majuscule si ma mémoire est
bonne) dans PdC ailleurs également.. mais je sais plus où.
-- Jérémie Bouillon - EMail: bouillon@club-internet.fr "Le jeu est la forme la plus élevée de la recherche" A. Einstein La Page Francaise d'Ambre: http://www.multimania.com/ambre/
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